John Wayne Gacy, le clown tueur

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Le 14 juin 1978, un adolescent nommé Tymothy O’Rourke accepta fort imprudemment l’invitation de John W. Gacy à venir fumer de la marijuana chez lui ; le tueur l’agressa sauvagement, le viola et l’étrangla. Le sinistre Gacy descendit ensuite le cadavre de sa victime au sous-sol afin de s’en débarrasser en l’enterrant dans le vide sanitaire. Il découvrit rapidement que c’était impossible puisque le vide sanitaire débordait littéralement des cadavres de ses autres victimes…Incroyable mais vrai, quelques semaines auparavant, le 6 mai 1978, Gacy avait bénéficié du rare privilège de serrer la main de Rosalynn Carter, femme du président américain de l’époque, Jimmy Carter. La première dame désirait ainsi souligner l’implication de Gacy dans sa communauté. En effet, le tueur était alors connu comme un homme d’affaires prospère et un grand bénévole, aimant particulièrement se déguiser en clown pour divertir les enfants …

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Le tueur avec Rosalynn Carter, femme du président américain

Fort de cette image d’honorable citoyen, Gacy crut pendant des années qu’il pouvait commettre ses meurtres en toute impunité. Propriétaire d’une petite entreprise spécialisée en améliorations domicilaires, il engageait des jeunes hommes qu’il aimait rudoyer au travail. Désirant assouvir pleinement ses besoins pervers, il développa un modus operandi qui consistait à inviter chez lui de jeunes employés sans famille ou rejetés par leur famille. Il les faisait boire et fumer de la mari avant de passer aux actes. Grand admirateur des forces policières, il convainquait souvent ses victimes de jouer à des jeux impliquant l’usage de menottes. Une fois les jeunes hommes solidement menottés, il les agressait et les violait avant de les étrangler. Aux rares personnes s’inquiétant du roulement important de son personnel, Gacy, très habile vendeur, fournissait toujours une réponse satisfaisante. Un tel avait été congédié, tel autre était parti vivre dans le sud de pays…

Ce qui semble encore plus incroyable que la brève rencontre du tueur avec la première dame des États Unis est le fait qu’à trois reprises, les policiers de Chicago ont pris à la légère les dénonciations faites par des victimes ayant réussi à échapper au tueur, dont ils crurent les explications plus que boiteuses. Pourtant de simples et rapides vérifications leur auraient permis de découvrir le passé trouble de Gacy.

Né à Chicago le 17 mars 1942, le futur tueur en série fut élevé par une mère aimante, peut- être trop, et par un père violent et alcoolique qui le traitait continuellement de « pédé ».  À neuf ans, il fut violé par un ami de la famille ; à 11 ans, il fut frappé violemment à la tête par une balançoire, ce qui provoqua un caillot sanguin dans son cerveau. Pas facile comme début dans la vie. Le jeune John Wayne vécut son adolescence en refoulant ses pulsions homosexuelles, s’enfonçant peu à peu dans d’énormes troubles psychologiques.

Il se maria en septembre 1964 et commença à travailler comme gérant dans un restaurant, propriété de son beau-père, à Waterloo dans l’Iowa. Devenu père de deux enfants et notable de la petite ville, il commença alors à agresser ses employés masculins. En novembre 1968, il plaida coupable à des accusations de sodomie et se retrouva en prison ; il en sortit en octobre 1970. Sa femme ayant bien évidemment obtenu le divorce pendant sa peine d’emprisonnement, Gacy retourna vivre chez sa mère à Chicago. Il se remaria en 1972 et fonda peu après son entreprise PDM Contractors. C’est à cette époque que Gacy commença vraiment à laisser libre cours à ses instincts les plus pervers en agressant ses jeunes employés. Ayant découvert des photos d’homme nus et des vêtements d’adolescents dans leur maison, sa deuxième femme le quitta à son tour.

De Janvier 1972 à décembre 1978, Gacy fit 33 victimes connues. Ses sinistres agissements auraient peut-être continué pendant plusieurs années n’eut été du lieutenant Joseph Kozenczak de la police de Des Plaines, petite ville en banlieue de Chicago. C’est à lui que fut confié l’enquête sur Robert Piest, 15 ans, disparu devant la pharmacie où il travaillait. Kozenczak élimina d’office la possibilité d’une fugue. Très bon fils, étudiant modèle, Robert avait mentionné à sa mère qu’il avait rendez-vous avec un potentiel employeur désirant lui offrir un meilleur salaire qu’à la pharmacie. Kozenczak apprit rapidement le nom de ce généreux employeur : John Wayne Gacy de Chicago.

Contrairement à ses confrères de la grande ville, le lieutenant de Des Plaines, prit l’affaire très au sérieux. Après avoir vérifié les antécédents du tueur, il fut horrifié d’apprendre que, malgré son séjour en prison et les dénonciations dont il avait été l’objet, Gacy était entièrement libre, sans aucune surveillance. Après une première rencontre au domicile du tueur, le lieutenant exigea et obtint un mandat de perquisition lui permettant de fouiller le bungalow de Gacy, persuadé d’y découvrir le cadavre du jeune Robert Piest.

Cette perquisition permit de découvrir plusieurs éléments incriminants mais aucun ne permettant de porter des accusations formelles contre Gacy. Le lieutenant décida alors de mettre de la pression sur Gacy en le faisant suivre continuellement par deux de ses hommes. Après une semaine de ce traitement, Gacy devint extrêmement nerveux et irritable ; espérant fort probablement manipuler les deux policiers, il les invita à venir prendre un café chez lui. Grosse erreur ! Un des policiers fut frappé par l’odeur qui régnait  dans le bungalow, une odeur facilement reconnaissable pour un policier expérimenté : celle d’un cadavre…

Lors de la perquisition, une température exceptionnellement froide en ce début de décembre 1978 avait camouflé l’odeur âcre de la mort. Peu de jours après, une équipe de techniciens de la police entreprirent une fouille systématique du vide sanitaire de la maison de Gacy. Rapidement, l’un deux, en état de choc, s’écria : « Cet endroit est rempli de gamins ». Les fouilles se prolongèrent pendant des semaines, permettant la découverte de 29 corps. Quatre autres furent repêchés dans les eaux de la rivière des Plaines, dans lesquelles Gacy les avait jetés, faute de place dans sa propriété.

Le 10 mai 1994, Gacy fut exécuté par injection létale, après avoir murmuré « Kiss my ass »  au bourreau. L’esprit humain est souvent incompréhensible ; pendant les 14 années qu’il passa dans le couloir de la mort, Gacy recevait quotidiennement des lettres d’admiratrices. Outre la correspondance et les visites des membres de son fan club, il passait le temps en peignant des…portraits de clowns dont plusieurs se vendirent très cher !

JOHN GACY

Crédit photo : myfoxchicago.com

 

 

 

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Jeune retraité de l'édition et de l'immobilier, je suis d'abord et avant tout un passionné d'histoire. Pour mon plaisir, et j'ose espérer pour celui d'un lectorat de plus en plus important, j'écris des récits historiques regroupés sous différends thèmes. Mes ebooks sont disponibles sur Amazon sous le nom d'auteur de Ray Rainville.Voici ce qu'a écrit Isa, 1e commentateur du Hall d'honneur d'Amazon,sur mon livre « 40 chiens célèbres et leur fascinante histoire » : « ...Des histoires courtes qu'on pourrait qualifier de nouvelles. Les histoires sont touchantes, émouvantes, extraordinaires ou amusantes...C'est un joli moment de lecture.»Je répondrai avec plaisir à tous vos commentaires, écrivez-moi à : rainvilleraymond@gmail.com

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